samedi, 19 novembre 2005
L'homme sur le banc
Il est là l'homme, assis, il réfléchit.
A quoi ? A lui, aux autres, à sa vie.
C’est amusant comme l'homme blessé pense à rebondir.
Je n'sais pas vous, mais moi je suis comme lui…
J'aime m’asseoir face à une étendue d'eau,
Ca m'aide à réfléchir, ca l'aide apparemment lui aussi !
Il repense à cet été,
Qu’elle fut belle cette virée !
Jamais il n'avait autant ri…
Soudain l'angoisse,
Les erreurs, les pleurs.
C'est une drôle de sensation l'introspection…
Son regard se porte sur une barque qui passe au loin,
Tiens un enfant et ses parents…
L'homme est bô d'une carrure majestueuse,
La femme est blonde teintée d'une peau mate.
Elle semble calme et douce.
Oh oui, c'est sûr, c'est cet homme qui la rassure ! ! !
Leur sérénité effrite quelque peu notre songeur,
Mais de ce trio, c'est l’enfant qui domine.
Il doit avoir douze ans mais semble en posséder dix huit.
Il rayonne majestueux comme son père,
Il est debout sur cette embarcation improbable…
Le regard fier, il ne tangue pas,il semble survoler les eaux.
Il a repéré quelque chose devant lui…
Il pointe fièrement du doit l'objectif,
La nouvelle aventure est au bout de cette main tendue.
Sûr de lui, il sait que son moussaillon de père va s’exécuter !
Notre homme se met à fondre en larmes
"…si seulement j'avais su..."
Il repense à nouveau a cet été fabuleux
Si seulement il avait su...
Qu'importe, le temps lui est compté.
Avec une aisance rare il se redresse.
Comme l'enfant il se tient face à son nouveau destin !
Puisqu'elle n'est plus, il sera lui en elle pour elle…
Il veut vivre à nouveau,
C'est son rêve à lui,
Pour elle, en elle.
Sa tête pivote vers le ciel, le soleil est trop fort,
Ses yeux plissent mais restent ouverts,
Sa main caresse alors ses lèvres…
C'est un baiser qu'il vient d'y poser.
Pour qui ?
L'index et le majeur collés au pouce glissent jusqu’au front,
Bientôt c'est le sternum qui est rejoint,
Le geste est sûr, presque élégant,
Ce mouvement est continu d'un rythme parfait,
Le pectoral du cœur est effleuré, juste avant son jumeau…
et c'est à ce moment précis qu'a choisit notre capitaine, la tête blonde,
pour ramener le vaisseau à quai, il s’écrie :
"AMEN... mon père !!!"
God bless you
EgidioB
01:50 Publié dans Essai | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

